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| | | quel avenir pour la musique? | |
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| Auteur | Message |
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Spidey Habitué


Nombre de messages: 62 Date d'inscription: 07/09/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Jeu 28 Sep - 7:49 | |
| Pour être moi-même compositeur, je m'aperçois bien de la difficulté d'écrire une mélodie tonale intéressante d'une part, et dans laquelle on ne puisse faire penser, consciemment ou non, a quelque chose de déjà fait. C'est pourquoi je me porte davantage vers les timbres, les rythmes, les choses comme ça, ce qui certes n'est pas très original, mais ça permet encore d'avoir des ressources n'ayant pas été toutes utilisées, surtout si l'on s'intéresse aux musiques ethniques, etc. De même à bien y regarder, y compris dans la musique classique, les thèmes ne sont pas forcément toujours géniaux... cependant, ce qui en est fait le devient ! Cependant, je suis convaincu que la musique n'est pas près d'épuiser ses ressources, seule l'imagination humaine y fixe des limites, mais des gens plus géniaux trouveront probablement quelque chose qui apportera quelque chose de nouveau, et qui bien sûr sera copié, et ça se renouvellera encore, à mon avis. Regardons par exemple Dutilleux. Il s'agit à mon sens d'un immense compositeur, et pourtant il n'est pas à proprement parler un compositeur contemporain, dans le sens où sa musique n'est pas complètement contemporaine, et pourtant c'est génial, et seul Dutilleux fait sonner un orchestre comme lui ! De même, en France le compositeur Bernard Cavanna a une façon tout à fait incroyable de faire sonner l'orchestre. Prenons par exemple ses "Chants Cruels", créés par l'Intercontemporain en juin dernier à la Cité de la Musique, en entendant de telles oeuvres, je me dis que nous n'avons pas à nous inquiéter pour l'avenir de la musique. Mais évidemment, et ça a toujours été le cas, même dans les siècles passés : il y a beaucoup d'oeuvres et de compositeurs qu'on peut oublier sans regret, et très peu de réellement intéressants, et tant mieux ! Si tout le monde pouvait écrire des chefs-d'oeuvre, ça n'aurait plus de valeur. C'est comme si on pouvait cueillir des diamants sur les arbres, cela ne vaudrait plus rien ! lol |
|  | | Ornella Habitué


Nombre de messages: 69 Age: 20 Localisation: normandie Date d'inscription: 20/09/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Jeu 28 Sep - 10:34 | |
| Voila en gros ce que je voulais dire, c'est pourquoi je rejoins l'avis de Spidey. En effet, je me repose sur des exemples qui ne sont pas concrets étant adepte de la musique que depuis peu. Mais j'avais prévenu ! Mes seuls arguments, si l'on considère que mes ressentiments puissent en être, sont basés sur ce que j'ai pu entendre, sur ce que j'ai pu apprendre, sur ce que j'ai pu ressentir. Cependant, je ne suis ni musicienne, ni compositeur, j'ai tout de même le sentiment que dans l'avenir on tournera toujours autour de la base de la musique classique (pour parler que de ce style musical). Il est très difficile de créer, je pense, une mélodie ne s'inspirant pas de ce que l'on a déjà entendu et de ce que l'on apprécie. Enfin, il y a beaucoup de musique qui ne valent rien aujourd'hui, pour ma part. Ou du moins, beaucoup de compositeur qui en essayant de rechercher la nouveauté, tombent dans l'absurde et dans la technique, justement, au lieu de se contenter de faire de l'art. Je comprends tout à fait que les musiciens ou que les compositeurs ne prennent pas part de ma position étant jeune et non musicienne, mais il faut bien comprendre que j'ai un avis externe à tout ça, ce qui pourrait être autant intéressant à argumenter et debattre. Je ne demande qu'à apprendre ! _________________ Si la jeunesse savait, si la veillesse pouvait ...
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|  | | robert45 Invité
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Jeu 28 Sep - 13:50 | |
| J'aime bien cette citation de Furtwängler au sujet de Johannes Brahms donnée par Siegfried : | Siegfried a écrit: | | « Il fut le premier qui - sans se tourner cependant vers le passé - compris clairement que d'avoir pour but, en musique, un progrès éternel, n'était qu'une illusion (comme d'ailleurs dans toute forme d'art). C'est une idée qui ces derniers temps, commence de nouveau à pénétrer dans la conscience générale. La situation de Brahms et ses idées anticipent ainsi sur la situation et les idées d'aujourd'hui. Et, quoiqu'on fasse, il a, quant à lui, montré qu'il existait d'autre mission que d'élargir à l'infini le matériau musical - que le nouveau et l'inconnu pouvait sortir de l'apparemment connu, que le fait aussi de regarder autour de soi pour tenter un nouveau labourage de la terre connue, peut être un travail pour l'avenir et, de ce fait, la tâche du moment présent.» | Elle envisage la question avec une grande sagesse. Mais ce n'est qu'une manière de voir les choses.
Je ne savais pas que tu composais Spidey. Et tu as raison quand tu soulignes que :
| Spidey a écrit: | | ... je m'aperçois bien de la difficulté d'écrire une mélodie tonale intéressante d'une part, et dans laquelle on ne puisse faire penser, consciemment ou non, a quelque chose de déjà fait. C'est pourquoi je me porte davantage vers les timbres, les rythmes, les choses comme ça, ce qui certes n'est pas très original, mais ça permet encore d'avoir des ressources n'ayant pas été toutes utilisées, surtout si l'on s'intéresse aux musiques ethniques, etc. | Ton propos rappelle à quel point il est difficile de se forger un style personnel en matière de création, cette difficulté étant accentuée par le fait que le compositeur a étudié, de par sa formation, les compositions des autres et qu'il est donc plus exposé aux risques de plagiat, fussent-ils involontaires. Par ailleurs, quoi de plus juste que de citer Dutilleux comme exemple d'une création musicale qui n'est pas prêt de se tarir!
Enfin, Ornella, ton opinion en tant que "non-musicienne" est loin d'être accessoire. Il ne faut jamais oublier que ce sont les "non-musiciens" qui constituent la majeure partie du public des concerts ou qui achètent les CD et ça leur confère d'emblée un certain droit. Un droit qui se doit toutefois d'être raisonnable et ne pas prendre notamment l'aspect de "relations client-fournisseur" avec la notion de "client-roi", concepts qui s'appliquent plutôt au "grand art" pratiqué par des artistes tels que André Rieu ou Vanessa Mae par exemple... Mais là, on passe de la musique au marketing... |
|  | | kfigaro piliéeeeeee


Nombre de messages: 619 Age: 40 Date d'inscription: 18/07/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Jeu 28 Sep - 15:05 | |
| Le pire par rapport à Rieu c'est que parait t'il il a joué comme violoniste dans plusieurs orchestres tout à fait convenables (dans les années 80 je crois ?) avant de se lancer en "solo" |
|  | | Lucius Habitué

Nombre de messages: 68 Date d'inscription: 29/08/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Ven 29 Sep - 14:09 | |
| | Citation: | | Il est très difficile de créer, je pense, une mélodie ne s'inspirant pas de ce que l'on a déjà entendu et de ce que l'on apprécie. |
A mon avis tu as une conception réduite de la musique. Pourquoi "mélodie" ? Y'a pas que la mélodie en musique, ce n'est pas forcémment le plus important, on peut faire du génial dont la mélodie n'est pas géniale : "tout n'est pas bien mais le tout est bien." La seule chose qu'il y a de commun à toute les musiques, c'est le travail du rythme. On pense automatiquement à un petit air quand on dit musique, mais a mons avis l'histoire de la musique commence par l'action de rythmer le temps en tapant régulièrement dans ses mains, et aujourd'hui je pense que les exemples de musiques purement rythmiques ne manquent pas.
Ensuite, la création n'est pas du tout du tout que technique. Elle est étroitement liée à la conjoncture : social, modes, évênements, façon de vivre... Par exemple, le mouvement romantisme est associé au "mal du siècle", aux grandes mutations du 19eme sur le plan politique, social, et organisation (ère industrielle), qui fait se remettre en question l'homme et qui prône la sensibilité face a l'évolution du monde. Le mouvement baroque, un siècle plus tôt, était lui né des boulerversements de conception de l'homme et de la vie face aux déceptions de l'humanisme : vanité de la vie, recherche de l'excentricité dans l'art... La musique contemporaine actuelle n'est pas sans liens avec le monde actuel, or, celui-ci évoluant sans cesse depuis l'aube de l'humanité, la musique trouvera toujours en lui matière d'inspiration et donc continuera d'évoluer. |
|  | | kfigaro piliéeeeeee


Nombre de messages: 619 Age: 40 Date d'inscription: 18/07/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Lun 2 Oct - 8:27 | |
| | Lucius a écrit: | | je pense que les exemples de musiques purement rythmiques ne manquent pas. |
le seul travail rythmique est omniprésent dans le rock et la techno, mais avec quelqu'un comme Olivier Messiaen (mort relativement récemment finalement, donc un ancien "contemporain"), un musicien a pu prouver que l'on pouvait allier audace rythmique avec beautés mélodiques et harmoniques (car il ne faut pas non plus oublier l'harmonie - personne ne la cite)
| Lucius a écrit: | | Ensuite, la création n'est pas du tout du tout que technique. Elle est étroitement liée à la conjoncture : social, modes, évênements, façon de vivre... Par exemple, le mouvement romantisme est associé au "mal du siècle", aux grandes mutations du 19eme sur le plan politique, social, et organisation (ère industrielle), qui fait se remettre en question l'homme et qui prône la sensibilité face a l'évolution du monde. Le mouvement baroque, un siècle plus tôt, était lui né des boulerversements de conception de l'homme et de la vie face aux déceptions de l'humanisme : vanité de la vie, recherche de l'excentricité dans l'art... La musique contemporaine actuelle n'est pas sans liens avec le monde actuel, or, celui-ci évoluant sans cesse depuis l'aube de l'humanité, la musique trouvera toujours en lui matière d'inspiration et donc continuera d'évoluer. |
tout juste !!! très très bonne remarque.  |
|  | | robert45 Invité
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Mar 3 Oct - 18:47 | |
| | kfigaro a écrit: | | .... un musicien a pu prouver que l'on pouvait allier audace rythmique avec beautés mélodiques et harmoniques (car il ne faut pas non plus oublier l'harmonie - personne ne la cite) |
Oui, je suis d'accord avec toi : on oublie régulièrement de parler de l'harmonie qui a une importance capitale dans la musique polyphonique et plus particulièrement dans le répertoire contemporain. Messiaen est d'ailleurs un de ceux qui ont poussé l'harmonie dans ses derniers retranchements. J'ai le souvenir de pièces orchestrales ou pour orgue qui sont constituées de suites d'accords très complexes.
| Lucius a écrit: | | Ensuite, la création n'est pas du tout du tout que technique. Elle est étroitement liée à la conjoncture : social, modes, évênements, façon de vivre... Par exemple, le mouvement romantisme est associé au "mal du siècle", aux grandes mutations du 19eme sur le plan politique, social, et organisation (ère industrielle), qui fait se remettre en question l'homme et qui prône la sensibilité face a l'évolution du monde. Le mouvement baroque, un siècle plus tôt, était lui né des boulerversements de conception de l'homme et de la vie face aux déceptions de l'humanisme : vanité de la vie, recherche de l'excentricité dans l'art... La musique contemporaine actuelle n'est pas sans liens avec le monde actuel, or, celui-ci évoluant sans cesse depuis l'aube de l'humanité, la musique trouvera toujours en lui matière d'inspiration et donc continuera d'évoluer. |
En ce qui concerne cette réflexion, je suis plus que réservé à l'égard de la relation de cause à effet qui pourrait exister entre un contexte socio-politique donné et la création musicale née dans cet environnement. Il ne faut pas oublier que tous les grands compositeurs sont, ou ont été, de grands érudits dans les domaines artistiques autres que la musique et qu'ils y puisent l'essentiel de leur inspiration. Certes, on observe bien ici et là quelques exceptions telles que, par exemple, "Threnody for the Victims of Hiroshima" de Penderecki ou "Le survivant de Varsovie" de Schoenberg. Mais, le plus souvent, lorsque l'on analyse la création musicale à une période particulière de l'histoire, la relation contextuelle que l'on établit ne se vérifie généralement pas dès lors que l'on se propose de la transposer à une autre période. |
|  | | Lucius Habitué

Nombre de messages: 68 Date d'inscription: 29/08/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Mar 3 Oct - 19:23 | |
| Non c'est que tu ne me comprends pas. Je ne dis pas que toutes les oeuvres traitent de quelque chose en rapport avec la conjoncture, mais que le contexte global affecte l'art, et ça c'est indéniable. Prend le baroque : le mouvement général barroque apparaît suite au déceptions de l'humanisme due notamment aux guerres de religion. Qu'il apparaisse avant ou après en musique, il y est lié globalement. Le 18eme siècle est affecté par des idées de retour à la nature, "retour au source", esprit qui se consolide plus tard avec la philosophie rousseauiste par exemple et surtout la promotion de la sensibilité... Or, la "musique classique" me paraît pas mal tournée sur la sensibilité justement, d'où le mouvement futur qu'elle va donner : le romantisme. Quand au romantisme, alors là si il n'est pas en rapport avec l'esprit de l'époque je me fait hermite. En contemporain je ne m'y connais pas assez, mais par exemple pour le minimalisme de Phillip Glass je trouve que ce n'est pas du tout lointain de l'esprit de notre époque, je ne saurai trop expliqué comment cela dit, mais ca me parait en accord, et je suis même sûr que ça l'est. Outre dans le style et les mouvements musicaux, il y a d'autres exemples : le clavecin disparait avec la révolution, appartenant à un monde passé il ne résiste pas au 19eme siècle. Il y a de ça, ce n'est pas que parce que le clavecin ne permettait pas assez de nuances. |
|  | | kfigaro piliéeeeeee


Nombre de messages: 619 Age: 40 Date d'inscription: 18/07/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Mar 3 Oct - 20:47 | |
| | robert45 a écrit: | | Messiaen est d'ailleurs un de ceux qui ont poussé l'harmonie dans ses derniers retranchements. J'ai le souvenir de pièces orchestrales ou pour orgue qui sont constituées de suites d'accords très complexes. |
exactement, son écriture est souvent modale voire polymodale... dans le registre tonal (si on inclus la modalité dans le courant tonal), on a pas fait mieux depuis je suis d'accord...  |
|  | | kfigaro piliéeeeeee


Nombre de messages: 619 Age: 40 Date d'inscription: 18/07/2006
 | Sujet: Re: quel avenir pour la musique? Mar 3 Oct - 21:02 | |
| | Lucius a écrit: | | Non c'est que tu ne me comprends pas. Je ne dis pas que toutes les oeuvres traitent de quelque chose en rapport avec la conjoncture, mais que le contexte global affecte l'art, et ça c'est indéniable. Prend le baroque : le mouvement général barroque apparaît suite au déceptions de l'humanisme due notamment aux guerres de religion. Qu'il apparaisse avant ou après en musique, il y est lié globalement. Le 18eme siècle est affecté par des idées de retour à la nature, "retour au source", esprit qui se consolide plus tard avec la philosophie rousseauiste par exemple et surtout la promotion de la sensibilité... Or, la "musique classique" me paraît pas mal tournée sur la sensibilité justement, d'où le mouvement futur qu'elle va donner : le romantisme. Quand au romantisme, alors là si il n'est pas en rapport avec l'esprit de l'époque je me fait hermite. En contemporain je ne m'y connais pas assez, mais par exemple pour le minimalisme de Phillip Glass je trouve que ce n'est pas du tout lointain de l'esprit de notre époque, je ne saurai trop expliqué comment cela dit, mais ca me parait en accord, et je suis même sûr que ça l'est. |
Oui c'est bien ce que j'avais compris en te lisant Lucius , pour Glass il s'agit d'une musique très proche de la culture rock (à tous les niveaux, harmonique, mélodique et rythmique) l'histoire du rock s'inscrivant en parallèle par rapport aux pièces de Glass (qui a repris "Low" de David Bowie en symphonie) - rien d'étonnant en fait.
Après 1945, il fallait tout reconstruire, même la musique ! d'où le radicalisme et la "tabula rasa" de Xenakis, Boulez, Nono voire Scelsi !
A l'heure actuelle, on est par contre plus dans une logique à la fois de mercantilisme et de métissage tout azimut (comme la société "mondiale" et "libérale" dans laquelle nous vivons), même les artistes d'avant garde sont concernés par ce changement sociétal : des gens comme Manoury, Levinas, Eotvos, Philippe Boesman s'inspirent plus ou moins consciemment des rythmes techno, de la variété et du jazz (Lindberg a même confessé être influencé par l'énergie du punk rock) - bref des courants "impurs" situés à l'exact l'inverse de la génération d'avant... c'est un signe évident pour moi d'une certaine "décalcomanie" de l'époque sur l'artiste. |
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