Le superbe concert de l’Orchestre National de Lyon suggère quelques réflexions…
Vous venez de lire (voir article précédent) mon commentaire sur le prestigieux concert donné par l’Orchestre National de Lyon. À mon sens, la musique est émotion… et rien d’autre ! Les querelles de techniques et d’interprétations ne sont qu’affaires de professionnels, et n’ont aucune importance si le public y trouve ce qu’il cherche : le rêve et l’émotion qui les transporteront au-delà de sa vie de misère.
Et c’est là où se trouve le problème. Comment s’évader, si l’interprétation de l’artiste, n’a pas la qualité requise pour nous faire oublier qu’il existe, et qu’il n’est que la courroie de transmission entre le compositeur et la musique qu’il envoie directement dans notre cœur ? Seuls les artistes confirmés, professionnels obligés, sont capables d’une telle humilité : transmettre sans paraître. C’est pourquoi ma position – régulièrement contestée - concernant les amateurs, dont le niveau ne peut prétendre à cette qualité, se doit d’être comprise, et pour cela, expliquée.
Je ne suis pas contre ceux qui jouent de la musique pour leur plaisir personnel, et qui se produisent de temps à autres, pour justifier devant leur famille et leurs amis, le travail qu’ils ont accompli. Ceci est très bien, doit perdurer, mais doit rester dans cet esprit. On ne peut pas, comme cela se fait à Aix-les-Bains (Savoie), - mais aussi ailleurs - jouer la Symphonie de Franck impunément, avec des musiciens amateurs d’un niveau très moyen. On ne peut pas non plus, programmer, avec une chorale d’amateurs dont la quasi totalité ignore le solfège et un orchestre réunissant pour la circonstance des musiciens plus que douteux, un chef-d’œuvre comme le Requiem de Verdi, qui requière des professionnels confirmés.
Les chefs de ces ensembles, à l’origine de ces initiatives, sortent-ils de temps en temps de leur petit cercle fermé où l’on ne voit pas plus loin que le bout de son nez ? Ont-ils vu la direction d’Anu Tali ? Ont-ils entendu les sonorités de l’Orchestre national de Lyon ? Ont-ils écouté ces dernières années, d’autres orchestres et artistes de ce niveau ? Depuis combien de temps, eux et leurs nombreux collègues qui pullulent à tous les horizons, n’ont-ils pas mis les pieds dans une salle de concerts – idem pour musiciens et choristes -,ne serait-ce que pour se poser des questions ? Comment leur faire comprendre, que voir, entendre et écouter ceux dont c’est le métier, ne peut qu’attirer, donner envie et avoir des idées ? Cela pourraient s’ils en ont l’intelligence, les faire réfléchir sur le désastre qu’ils engendrent en permanence, en faisant croire, d’abord à leurs musiciens et à leurs choristes, et ensuite à leur public, que la musique c’est ce qu’ils font et produisent, alors qu’ils sont responsables d’une caricature scandaleuse de bas étage, trahissant les chef-d’œuvres de l’histoire de la musique, entretenant ainsi l’inculture généralisée avec la complicité des politiques préconisées.
Il faut ajouter que les subventions, souvent conséquentes qui leur sont attribuées par les municipalités ou tous autres organismes officiels, prennent une large part dans le budget culturel au détriment de ceux – les professionnels - qui ont travaillé pour, et qui sont chargés de transmettre la culture authentique et de qualité, parce qu’ils en ont la capacité.
Quand allons nous cesser ce gaspillage, qui engendre la médiocrité, planche de salut pour nos élus qui ce servent de cette faiblesse pour pourvoir continuer à gouverner tout à leur aise, en laissant la culture dériver, jusqu’à sa mort programmée…